jeudi 23 juin 2011

Le tiroir à cheveux de Emmanuelle Pagano

L’intérêt de fréquenter une bibliothèque, c’est qu’on lit de temps en temps un ouvrage grâce à son titre ou à la quatrième de couverture, choisi sur une attirance immédiate. Parfois on tombe bien. C’est ce qui m’est arrivé avec ce roman original, à la belle écriture. Trop belle puisqu’il est écrit à la première personne et que la très jeune femme du roman a arrêté l’école à 15 ans pour errer de ci de là, difficile donc de l’imaginer maniant la langue aussi aisément. L’écriture se veut réaliste mais le choix des mots et des expressions confère au texte un aspect élégant, parfois poétique. Ce pourrait être aussi la voisine qui en est l’auteur, peu importe.

Ce livre m’a plu car il tente de nous faire vivre un quotidien plutôt éloigné, celui d’une jeune mère sans moyens qui élève seule ses deux jeunes enfants, le plus grand étant gravement handicapé. Pas d’événement particulier, seulement les gestes de tous les jours, grandes difficultés, petites joies, un thème dur donc mais dans un style délié. Et surtout les sensations sont magnifiquement décrites, toucher, odeurs, bruits...

Extrait
"Le dos de Titouan est tiède sous le pyjama. Je soulève le haut pour mettre de l’air sur son torse. Il s’écarte. Je le reprends. Je passe la main dans ses cheveux mi-longs, les boucles brunes tremblent, on dirait du chocolat chaud mal préparé. Un peu trop épais, trop sucré sans doute. J’aime les cheveux même gras, rêches, épais. Mats, soyeux, souples au toucher, moites. J’aime toucher les cheveux. Regarder de près leurs formes, leurs couleurs, leurs textures. Et m’approcher par derrière, par côté J’aime surprendre les mouvements des mèches. Les renifler en douce."

Oui, j’ai bien aimé.


mercredi 1 juin 2011

Des chrétiens et des Maures de Daniel Pennac

Quelques mots seulement pour très court ouvrage de 1996 (hé oui déjà) car qui ne connaît la saga Malaussène ? Mais bien que bref, ce roman possède tous les ingrédients des livres plus longs : le style d’une grande maîtrise, la verve, l’humour, l’amour et la tolérance. On rit, on peut pleurer et penser, on voyage dans un autre monde et on revient dans celui-ci un peu changé. Conseil : ne pas oublier de relire un Pennac par an au moins - ses ouvrages devraient être remboursés par la sécu. Encore meilleur de lire les "Malaussène" à deux ou plus à voix haute.

vendredi 29 avril 2011

Une saison à Harlem de Emile Castillejos

 Cet ouvrage paru en 2009 est un peu atypique. C'est à la fois un polar et un roman social. Il nous entraîne, dans style très cinématographique, au cœur des quartiers noirs du New-York des années 70. Les personnages variés, très attachants, sont presque tous au ban de la société américaine de l’époque. Pourtant, malgré leur dénuement et leurs difficultés quotidiennes, ils parviennent souvent à conserver espoir et joie de vivre, et manifeste un esprit combatif qui leur permet parfois de réaliser leurs rêves.

Ce livre m’a plu par son esprit de tolérance, son humanité, et aussi par la dénonciation d’un monde - et c’est encore plus vrai aujourd’hui - qui refuse sciemment l'éducation, le travail et le bien-être à une grande partie de l’humanité.

Emile Castillejos, qui vit au Pays Basque, est encore assez peu connu. Il a également publié "Ilbarritz, le temps en suspens" en 2010 (pas encore lu) chez le même éditeur (Atlantica).

mercredi 6 avril 2011

Images de saison

Un visiteur bienveillant m'a suggéré d'être plus printanière.
VOILA !!!
Un peu avant le printemps, au bord du lac
Les arbres et arbustes en pleine floraison, en ce moment
Les fleurettes partout et les premiers insectes
Et toujours de magnifiques reflets, avec ou sans soleil



Avec tes mains de Ahmed Kalouaz

Ce livre très fort est servi par une très belle écriture, juste et fluide. Il témoigne de la force de l’amour de l’auteur pour son père, immigré algérien en France, et de ses regrets que cette affection entre eux se soit si peu exprimée. Ahmed Kalouaz reconstitue, par bribes, la vie de son père, enfant puis jeune adulte en Algérie, et s’appuie ensuite sur ses propres souvenirs d’enfant et d’adolescent pour en tracer un portrait sensible et rare, vivant, de son existence en France où il finira ses jours.

Ce roman autobiographique a un double intérêt. Documentaire puisqu’il nous fait partager le quotidien d’une famille immigrée, ce n’est pas si courant dans la littérature, oeuvrant sans relâche pour une existence décente et heureuse, mais si peu considérée par la France et les français. Un intérêt psychologique au premier chef par la justesse et la pudeur des sentiments dépeints, sur fond de tristesse et de nostalgie pour cet écrivain qui n’a jamais pu partager avec son père la richesse des mots et de la langue française, bien précieux entre tous.

Ahmed Kalouaz, né en 1952 a écrit de nombreux romans, des récits et nouvelles ainsi que des pièces de théâtre et des livres pour enfant. http://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmed_Kalouaz

  

samedi 26 février 2011

Neige et Glace

C'est beau mais fini j'espère !





Bulles d'air sous la glace



Dans les flaques





 


 Le lac se prend pour la mer