Avant le grand départ,
vendredi 6 décembre 2013
mardi 2 août 2011
Les neuf consciences du Malfini de Patrick Chamoiseau
Un grand rapace, prédateur "naturel", va désapprendre tout ce qu’il savait pour découvrir, lentement et parfois douloureusement, grâce à l’observation d’un minuscule colibri, le Foufou, des contrées inconnues. Ces lointaines contrées sont, entre autres, la tolérance et la douceur, la modestie et la sobriété (le livre est dédié entre autres à Pierre Rabhi, créateur de la sobriété heureuse) ainsi que la joie et le bonheur de célébrer le vivant, "l’horizontale plénitude du vivant", selon l’idée chère à l’auteur.
Nulle hiérarchie entre grands et petits, respect de chaque être vivant, même lorsque l’on ne comprend pas son comportement, car chacun a son utilité pour la sauvegarde de l’environnement et l’harmonie du monde.
Extrait
"Le Foufou avait initié ce goût de la rencontre dans Rabuchon. Il en fit un principe durant notre longue errance. Il approcha toutes sortes de créatures, mais prit surtout le temps de voleter avec des colibris inattendus et surprenants. Ces derniers avaient développé d’autres façons de manger, de voler, de s’aimer, de chanter ou de ne pas chanter. Ils étaient souvent solitaires, marginaux ou parias. Même solidaires d’une communauté, ils en émergeaient toujours comme des anomalies. Une telle profusion de dissemblances me fascinait au plus haut point, d’autant plus que moi-même – sans perdre le Foufou des yeux – je n’en finissais pas de découvrir des aigles royaux, des rapaces majestueux, empereurs du ciel et princes des nuées, qui régnaient sur des endroits à peine imaginables. Ils avaient d’insolites habitudes pour voler, se nourrir ou crier mais ils paraissaient de ma famille. Malgré l’ampleur des différences qui nous nimbaient de mystères réciproques, tous se voyaient en moi, et je me devinais en eux. Comme si, dans le vertige de cette étrangeté même, je me redécouvrais moi-même, m’informais plus avant de moi-même…"
Aucune morale dans ce livre, seulement l’expérience que fait le Malfini d’autres comportements, d’autres façons d’être au monde, qui vont le transformer en profondeur. Le style du roman est foisonnant, inventif et joyeux, comme le sont les paysages de la Martinique où se situe l’aventure et d’où est originaire Patrick Chamoiseau. Des expressions créoles et, sans doute aussi quelques créations de l’auteur, font que, au-delà de la parabole que j’ai trouvée très forte, ce livre m’est apparu très poétique et sa lecture jubilatoire. Une langue magnifique, à savourer...Le plus connu des livres de Chamoiseau est "Texaco", prix Goncourt 1992 ; celui-ci a été publié en 2009.
dimanche 17 juillet 2011
Exposition de scupltures (et photos) de Joël Gaillard
A St Bonnet de Chavagne, le cadre magnifique du château de l'Arthaudière face au Vercors (entre St Marcellin, Isère, et Romans, Drôme), Joël Gaillard expose durant l'été (jusqu'au 11 août) quelques-unes de ses sculptures aux lignes épurées ainsi qu'une trentaine de photos, un regard au plus près des fleurs et les insectes.
On peut coupler cette superbe balade avec la visite du très beau village de St Antoine l'Abbaye, non loin de là (photos du web encore).
Quelques-unes des sculptures exposées dans les anciennes écuries
Le cadre (les 3 photos ci-dessous sont empruntées sur internet)
Les bâtiments m'ont beaucoup plu
Les jardins, bien qu'à la française, présentent des plantations originales
On peut coupler cette superbe balade avec la visite du très beau village de St Antoine l'Abbaye, non loin de là (photos du web encore).
jeudi 14 juillet 2011
J'abandonne de Philippe Claudel
On peut sûrement reprocher le côté « exercice de style » et voir ce livre comme un catalogue de la vulgarité, qu’elle soit individuelle ou collective, allant des supporters de foot à BHL, de la chirurgie esthétique à la haine envers les étrangers ou l’abandon des SDF. J’y ai surtout trouvé des mots justes, une grande maîtrise du style et de la construction, pour décrire les horreurs quotidiennes que nous intégrons sans émotion alors qu’elles devraient nous indigner, nous faire hurler.
« Nous ne savons plus où ranger les guerres. Nous manquons de tiroirs. Notre mémoire est une fosse où s’entassent bien trop de cadavres. Elle déborde de corps sans vie. Nous les consommons par génocides entiers à mesure que les journaux nous les apportent, et puis nous les mélangeons, nous touillons le tout, nous les confondons, ce qui est bien pus efficace que la chaux vive.
Mon collègue ... est à l’image de tous les hommes d’aujourd’hui qui se souviennent de leurs dernières vacances, mais pas des crimes contre l’espèce humaine. »
« Le journaliste demandait à cette femme en passe d’être élue à la tête du RPR, ce qu’elle haïssait le plus. Elle a répondu spontanément : « Lionel Jospin ! » Elle n’a pas dit : « Je hais la misère, l’injustice, la souffrance, la pauvreté, la maladie, l’indifférence, la guerre, l’inhumain, la détresse, le chômage, le crime… » Non, elle a dit que ce qu’elle haïssait le plus, c’était un être humain, c’est-à-dire toi mon enfant, c’est-à-dire moi. Ce que cette femme pensait le plus immonde dans le monde qu’elle aspirait à gouverner, c’était un homme. »
lundi 27 juin 2011
Merveilleux oiseaux
Les hérons cendrés habitent ici toute l'année
Les jeunes grandissent, apprennent la vie...
La colonie de cormorans
Deux ramiers en visite
Madame la corneille sur son poteau perchée
Merveilleux insectes aussi
jeudi 23 juin 2011
Le tiroir à cheveux de Emmanuelle Pagano
Extrait
"Le dos de Titouan est tiède sous le pyjama. Je soulève le haut pour mettre de l’air sur son torse. Il s’écarte. Je le reprends. Je passe la main dans ses cheveux mi-longs, les boucles brunes tremblent, on dirait du chocolat chaud mal préparé. Un peu trop épais, trop sucré sans doute. J’aime les cheveux même gras, rêches, épais. Mats, soyeux, souples au toucher, moites. J’aime toucher les cheveux. Regarder de près leurs formes, leurs couleurs, leurs textures. Et m’approcher par derrière, par côté J’aime surprendre les mouvements des mèches. Les renifler en douce."
Oui, j’ai bien aimé.
mercredi 1 juin 2011
Des chrétiens et des Maures de Daniel Pennac
Quelques mots seulement pour très court ouvrage de 1996 (hé oui déjà) car qui ne connaît la saga Malaussène ? Mais bien que bref, ce roman possède tous les ingrédients des livres plus longs : le style d’une grande maîtrise, la verve, l’humour, l’amour et la tolérance. On rit, on peut pleurer et penser, on voyage dans un autre monde et on revient dans celui-ci un peu changé. Conseil : ne pas oublier de relire un Pennac par an au moins - ses ouvrages devraient être remboursés par la sécu. Encore meilleur de lire les "Malaussène" à deux ou plus à voix haute.
vendredi 29 avril 2011
Une saison à Harlem de Emile Castillejos
Cet ouvrage paru en 2009 est un peu atypique. C'est à la fois un polar et un roman social. Il nous entraîne, dans style très cinématographique, au cœur des quartiers noirs du New-York des années 70. Les personnages variés, très attachants, sont presque tous au ban de la société américaine de l’époque. Pourtant, malgré leur dénuement et leurs difficultés quotidiennes, ils parviennent souvent à conserver espoir et joie de vivre, et manifeste un esprit combatif qui leur permet parfois de réaliser leurs rêves.
Ce livre m’a plu par son esprit de tolérance, son humanité, et aussi par la dénonciation d’un monde - et c’est encore plus vrai aujourd’hui - qui refuse sciemment l'éducation, le travail et le bien-être à une grande partie de l’humanité.

Emile Castillejos, qui vit au Pays Basque, est encore assez peu connu. Il a également publié "Ilbarritz, le temps en suspens" en 2010 (pas encore lu) chez le même éditeur (Atlantica).
Ce livre m’a plu par son esprit de tolérance, son humanité, et aussi par la dénonciation d’un monde - et c’est encore plus vrai aujourd’hui - qui refuse sciemment l'éducation, le travail et le bien-être à une grande partie de l’humanité.

Emile Castillejos, qui vit au Pays Basque, est encore assez peu connu. Il a également publié "Ilbarritz, le temps en suspens" en 2010 (pas encore lu) chez le même éditeur (Atlantica).mercredi 6 avril 2011
Images de saison
Un visiteur bienveillant m'a suggéré d'être plus printanière.
VOILA !!!
Un peu avant le printemps, au bord du lac
Les arbres et arbustes en pleine floraison, en ce moment

Les fleurettes partout et les premiers insectes
Et toujours de magnifiques reflets, avec ou sans soleil
Avec tes mains de Ahmed Kalouaz
Ce livre très fort est servi par une très belle écriture, juste et fluide. Il témoigne de la force de l’amour de l’auteur pour son père, immigré algérien en France, et de ses regrets que cette affection entre eux se soit si peu exprimée. Ahmed Kalouaz reconstitue, par bribes, la vie de son père, enfant puis jeune adulte en Algérie, et s’appuie ensuite sur ses propres souvenirs d’enfant et d’adolescent pour en tracer un portrait sensible et rare, vivant, de son existence en France où il finira ses jours.Ce roman autobiographique a un double intérêt. Documentaire puisqu’il nous fait partager le quotidien d’une famille immigrée, ce n’est pas si courant dans la littérature, oeuvrant sans relâche pour une existence décente et heureuse, mais si peu considérée par la France et les français. Un intérêt psychologique au premier chef par la justesse et la pudeur des sentiments dépeints, sur fond de tristesse et de nostalgie pour cet écrivain qui n’a jamais pu partager avec son père la richesse des mots et de la langue française, bien précieux entre tous.
Ahmed Kalouaz, né en 1952 a écrit de nombreux romans, des récits et nouvelles ainsi que des pièces de théâtre et des livres pour enfant. http://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmed_Kalouaz
vendredi 25 mars 2011
samedi 26 février 2011
Neige et Glace
C'est beau mais fini j'espère !
Bulles d'air sous la glace
Dans les flaques
Le lac se prend pour la mer
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